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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 17:13
Un merci ému à mon ami Moïse Founier

Moïse Fournier - Photographe

 

Si certains sont devenus ce qu'ils sont un peu par hasard, il en est d'autres dont la vie professionnelle était écrite. Olivier Kourilsky, mon cher Docteur K, n'aurait pas pu faire autre chose que de consacrer sa vie aux autres, à ses patients et à une certaine manière de soigner.

Si cet amour d'une médecine généreuse et altruiste se devine chaque fois un peu plus dans les polars qu'il écrit depuis 15 ans, aujourd'hui, il en fait un portait touchant dans son dernier livre. "La médecine sans compter" c'est un regard posé sur sa profession par un homme aussi modeste que brillant, infatigable acteur du monde médical de ces 50 dernières années. À travers la naissance de la néphrologie comme discipline à part entière, grâce notamment au Professeur Hamburger, à la création d'un hôpital public (Louise Michel d'Évry-Courcouronnnes) c'est tout le combat de ceux qui pensent que la médecine ne sera jamais de la comptabilité qui est mis à l'honneur dans ce livre. Des sujets terriblement d'actualité.

Mais pour moi, moi qui suis toujours aussi surpris de compter parmi les amis de personnages aussi fantastiques que mon Docteur K, ce livre m'aide un peu plus à comprendre cette belle âme, me rendant encore plus fier de notre amitié. Il faut lire comme il parle de ses parents, de ses rencontres, de ses patients... Dans ce livre, tout est juste et aussi harmonieux que toutes les suites de Bach qu'il joue si bien au piano.

La médecine sans compter, c'est le meilleur d'Olivier avec encore un peu plus du Docteur K.

La médecine sans compter
Éditions Glyphe

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 16:32
FNAC Evry le samedi 25 mai...

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 20:36
Bonne nouvelle : il faut réimprimer Marche ou greffe !

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 15:00
Mardi 16 avril , sur 94,8 FM

Mardi 16 avril à 9h 30 je serai interviewé pendant 25 minutes par mon ami Robert Haiat sur Judaïques FM (94,8) à propos de « La médecine sans compter » 😉

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 17:43
LE SAMEDI 30 MARS... TOUS à MONTGERON !!

JE VOUS Y ATTENDRAI, AVEC UN INTERMEDE EN MA COMPAGNIE DE 14h à 14h30 !

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 11:30
La médecine sans compter dans le Parisien du 18 mars

merci à Cécile Chevallier !

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 10:15
LE SAMEDI 23 ET LE DIMANCHE 24 à BONDUES

JE VOUS ATTENDS SUR LE STAND GLYPHE !

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 14:33
 
16 mars 2019

Pour parodier un célèbre et ancien slogan

publicitaire pour une eau minérale :

1 foie, 2 reins, 3 raisons de lire cet ouvrage !

Olivier KOURILSKY : La médecine sans compter.

Les romanciers issus de la vénérable corporation des médecins sont si nombreux qu’il est difficile de les comptabiliser. Citons pour mémoire, Arthur Conan Doyle, A.J. Cronin, Franck Slaughter, Robin Cook l’Américain, Georges Duhamel, Louis-Ferdinand Céline, et dans des domaines plus particulier de la littérature dite populaire, Jean-Pierre Goiran alias Jean-Pierre Garen, Robert Clauzel et combien d’autres qui ne sont pas souvent répertoriés.

Sans oublier André Soubiran et sa saga des Hommes en blanc qui joue dans le même domaine que ce récit (ou inversement) mais était consacré à l’apprentissage d’un futur médecin généraliste et dont le texte était plus romancé.

Si Olivier Kourilsky, docteur K., s’est fait connaître par sa dizaine de romans policiers édités chez Glyphe, il se plonge avec cet ouvrage dans ses souvenirs d’étudiant en médecine, narrant ses débuts comme jeune élève, fils de parents œuvrant dans le domaine de la médecine, sixième enfant d’une fratrie qui se consacra elle aussi à non pas un travail mais à une vocation. Je ne reviendrai pas sur Raoul Kourilsky, le père d’Olivier, mais sachez que le petit (il a bien changé maintenant !) Olivier fut à bonne école. Puis son séjour prolongé, dix ans, à l’hôpital Tenon et son long séjour à Evry dans un établissement qui venait tout juste de sortir de terre lors de sa nomination.

Un récit qui oscille entre bonne humeur, blagues de potaches - il faut bien que jeunesse se passe et évacuer le stress des interventions médicales - entre sérieux des diverses opérations, relations avec les patients et leurs familles, et réquisitoire diplomatique envers les nouvelles méthodes de responsabilisation du personnel, méthodes qui privilégient l’aspect comptable à l’aspect humain.

Les souvenirs se réduisent parfois à des vignettes qui s’enchaînent comme des images, des diapositives montrant souvent la détresse des malades, leurs attentes, celles, détresse et attentes, des familles, les petites joies et les grandes peines. Les noms des divers médecins, internes, professeurs et spécialistes qu’Olivier Kourilsky a été amené à côtoyer au cours de sa carrière, plus principalement à l’hôpital Tenon puis au nouvel établissement d’Evry dans sa carrière de néphrologue, lui sont familiers et il les décline avec amitié la plupart du temps. Des noms qui ne diront rien la plupart du temps aux profanes comme moi qui ne connaissent que certains mandarins ayant fréquentés les plateaux télévisés tel les professeur Hamburger (le père de Michel Berger) et Cabrol. De même que le jargon médical employé pour décrire des interventions peut perturber le profane (dont toujours moi) mais cela n’entrave en rien la lecture qui joue avec la bonne humeur, ce petit goût de farces entre collègues. Olivier Kourilsky étant né un 1er avril, ceci explique sûrement cela.

Mais il s’agit également d’un réquisitoire et d’une diatribe envers les psychorigides qui n’acceptent pas que la déontologie ou l’éthique puissent être détournés au profit de l’humanisme. Concernant un problème d’éthique ayant un lien avec l’avortement (dans les années 1970, c’était non seulement un sujet tabou mais une pratique interdite quoi que de nos jours des praticiens refusent encore ce genre d’intervention sous couvert d’une morale chrétienne), Olivier Kourilsky écrit :

Je ne veux prendre aucun parti dans cette histoire, juste témoigner de mon malaise et rappeler ma conviction que toute position rigide dans ce domaine délicat fait fi des situations individuelles.

L’auteur pointe également du doigt certaine campagne médiatique qui n’aurait pas eu lieu d’être, déclenchée par le Canard, qui pour une fois s’était trompé de cible et mis la plume dans l’œil, relayée par des journaux pourtant prétendument sérieux.

Il est plus facile de stimuler des polémiques infondées que de reconnaître que l’on s’est trompé.

Il revient également sur la loi Caillavet de 1976, loi qui démontre l’importance des mots dans un texte et surtout l’interprétation qui peut en être faite, selon des critères, encore une fois, journalistiques erronés. Et il faut se souvenir qu’entre le fond et la forme, il existe souvent un gouffre qui ne peut être comblé.

 

Olivier KOURILSKY : La médecine sans compter.

Enfin, je ne résiste pas à citer cette phrase extraite de la préface de Pierre Ronco :

Ce livre offre l’opportunité de mettre en avant les innombrables difficultés engendrées ces dernières années par des lois tatillonnes et des personnels administratifs parfois condescendants, portés au premier rang par la loi HPST et par la création des pôles dont le principal objectif est la gestion financière sans grande considération pour les malades et leurs besoins. Si l’objectif de contrôle des dépenses est évidemment louable, les injonctions paradoxales dont les médecins et le personnel non médical sont la cible vont souvent à l’encontre de l’objectif souhaité.

Naturellement, il faut associer ces deux phrases à des directives administratives et comptables qui sont de plus en plus appliquées, notamment la fermeture de lits et surtout la fermeture de maternités, plus particulièrement en milieu rural, obligeant les parturientes à se déplacer plus loin, plus longtemps, avec les risques que cela implique. Et je ne pense pas uniquement aux accidents de la route qui peuvent être préjudiciables, mais aussi aux frais, à la fatigue, aux perturbations engendrées. Les technocrates qui pondent ces dérives vivent à Paris et ne sont pas assujettis à ce genre de problèmes.

 

Un livre qui devrait se trouver sur la table de chevet de bien des hommes (et femmes) politiques et de ceux qui, se flattant d’être bien portant, seront amenés un jour à être les hôtes d’hôpitaux comptant des bouts de chandelles et qui pour gagner quelques euros vont en dépenser dix fois plus en restructurations diverses. Mais ceux qui décident ne voient pas la plupart du temps plus loin que le bout de leur nez et les aberrations de leurs décisions. Mais je suis hors sujet. Quoi que…

Il ne faut pas oublier que pour soigner des affections plus ou moins graves, souvent chroniques, l’emploi de médicaments à base de corticoïdes est la norme alors que justement ces corticoïdes entraînent l’apparition de diabète chez des patients qui n’en étaient pas atteints. Alors on se cache derrière ce slogan, mangez moins gras, moins sucré, moins salé… Une façon de culpabiliser le malade et de se retrancher derrière des arguments fallacieux. Et des médicaments préconisés afin de soulager un patient et qui déclenchent une autre maladie, cela fait bien les affaires des laboratoires pharmaceutiques. Mais ce n’est que mon avis.

 

Je ne peux que vous encourager à visiter le site d’Olivier Kourilsky et à découvrir, si ce n’est déjà fait, quelques-uns de ses romans.

 

Olivier KOURILSKY : La médecine sans compter. Préface de Pierre Ronco de l’Académie de médecine. Editions Glyphe. Parution le 2 mars 2019. 254 pages. 16,00€.

ISBN : 978-2358152532

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 18:22

Merci à Anne-Marie de Rubiana !

 

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Grandeurs et servitudes de la médecine hospitalière. Dans son dernier ouvrage « La Médecine sans compter », le Pr Olivier Kourilsky, ancien chef de service de néphrologie, retraité toujours actif, livre un témoignage d’un demi-siècle de médecine écrit avec les tripes

Facétieux. Qu’on le retrouve en arrière-plan d’un café du VIe arrondissement de Paris, dans son jardin de Blandy-les-Tours, dans un obscur salon du livre ou sur « les Quais du Polar », caché dans la tourelle d’un manoir hanté du Pays de Galles ou encore errant dans les profondeurs du métro… Le Dr K est toujours trahi par le bleu de ses yeux et son sourire tour à tour goguenard ou malicieux. Comme les héros de ses polars, il revient toujours sur les lieux du crime. Comme ce café de la rue Soufflot qui lui inspira son premier « crime » dans Meurtre à la morgue commis il y a plus de dix ans ou encore Meurtre pour de bonnes raisons qui lui valu le prix Littré et les honneurs de nos confrères de la presse médicale. Une plongée dans la vie carabine des années soixante à la faculté des Saints-Pères. A son actif, neuf polars toujours baignés dans l’univers médical, sans compter des traités de médecine très sérieux. Des faits d’armes dont il s’amuse avec jovialité ! Aujourd’hui, il publie non pas ses mémoires - il est bien trop humble pour cela - mais un recueil d’expériences, de souvenirs et d’anecdotes partagés avec ses patients et ses confrères. Une vie dédiée à la médecine au sein de l’hôpital public qui relate les péripéties d’un jeune interne devenu le chef de service de néphrologie d’ un hôpital qui sortait de terre (Evry). « A cette époque tout était à inventer, la néphrologie devenait une spécialité, nous connaissions les premières greffes », rappelle celui qui fut le disciple du professeur Jean Hamburger puis l’assistant du professeur Gabriel Richet… Dernier rejeton d’éminents médecins (le nom de son père trône sur les frontons des bâtiments de L’hôpital Saint-Antoine), il aurait pu endosser la posture du mandarin. Mais c’est mal connaître le personnage, mélomane virtuose à ses heures, écrivain prolixe et sportif au long cours, qui à 73 ans, continue à suivre ses patients ! « J’ai toujours éprouvé beaucoup de bonheur lorsque je parvenais à soulager ; quelles qu’en soient les difficultés et si je devais refaire ma vie malgré mon goût pour le cinéma, je ne changerais pour rien au monde. La médecine, il l’aime sans compter, et « elle me le rend bien », sourit-il en montrant les innombrables post facebook de son fan club. Vous l’avez compris, le burn-out ne passera pas par lui… « Autre temps, autre époque, c’est « un mot » qui n’existait pas lorsque j’ai commencé mes études de médecine, une pathologie reconnue trop tardivement dans le DSM4. Mais je peux entendre car les difficultés d’exercices, les chefferies, les contingences gouvernementales sévissaient déjà lorsque j’a entamé mes études médicales. Pour autant, on s’amusait beaucoup en fac de médecine. Et je n’étais pas véritablement prêt pour passer ce que l’on appelait alors le concours de l’internat. J’ai failli y renoncer mais mon père m’a intimé de ne pas me démonter et d’écrire, quoi qu’il arrive ! ». Alors oui, il est inquiet sur la tournure prise par les études médicales et la violence insidieuse de l’hôpital. Mais il répète à l’envi aux futurs soignants ces mots de Louis Pasteur que nous citait toujours son maître Gabriel Richet : « Qu’elle serait belle et utile l’histoire de la part du cœur dans les progrès de la science ! » Un éternel optimiste, un sage, se tapit derrière ce trublion de Dr K.

Bio Express.

Né le 1 er avril 1945
En 1982, il prend la direction du service de néphrologie-dialyse du tout nouvel hôpital d’Evry, qu’il a créé et où il fit toute sa carrière.

Nommé professeur associé au Collège de médecine des Hôpitaux de Paris en 1993, Olivier Kourilsky a été promu chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur par le ministre de la Santé en décembre 2005.Il est membre de la Société des Gens de Lettres

Passionné de musique, pianiste reconnu, il a créé avec deux amis du centre hospitalier Sud Francilien une association loi 1901, l’Offrande Musicale, qui organise des concerts pour les malades de l’hôpital, les pensionnaires de la maison de retraite ou de divers établissements de réadaptation.
Le Dr K fait le tour de France des Salons du Livre. Il a également participé aux Quais du Polar de Lyon, rendez-vous international des maîtres du genre.

Issu d’une dynastie médicale et universitaire, étiez-vous prédestiné à embrasser une carrière dans la santé ?

La médecine sans compter , préface de Pierre Ronco de l’Académie de médecine, 254 pages, 16 euros. www.editions-glyphe.com

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 18:00

un grand merci à Aurélie Haroche !

 

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Publié le 16/03/2019

Les trames de sa vie

Paris, le vendredi 15 mars 2019 – Un livre de souvenirs est un vent doux qui permet de se balancer tendrement entre hier et aujourd’hui, de partir, enfant aventurier, à la recherche d’échos ou au contraire de trésors à jamais perdus. Un livre de souvenirs déroule le fleuve d’une vie entre les racines profondes d’aïeux aimés pour se jeter vers des désordres encore inconnus et qui souvent inquiètent un peu. Un livre de souvenirs est au-delà de la multiplicité des anecdotes, des allers retours entre hier et maintenant, la promesse d’un fil, d’une recherche de cohérence pour comprendre un peu sa propre existence et tenter d’aider les autres à s’emparer de la leur. Tel est le livre du docteur Olivier Kourilsky, La médecine sans compter.

Le plus beau métier

A le voir jubiler à composer des romans policiers, même si certains avaient pour décor la médecine, certaines de ses connaissances (notamment au JIM qu'il a tenu sur les fonts baptismaux à la fin des années 70 du siècle dernier) se désespéraient de ne le voir jamais écrire sur la médecine. Pourtant, les récits malicieux habitent toujours ses conversations et son regard sur la médecine d’hier et d’aujourd’hui est aiguisé, une combinaison riche de promesses pour un livre personnel. Et Olivier Kourilsky s’est finalement laissé convaincre. « En cinquante ans de médecine hospitalière, on engrange quantité de souvenirs, parfois bouleversants, parfois drôles. Je me suis toujours refusé à me livrer à cet exercice. Voilà que j’y cède » écrit-il en introduction évoquant son envie d’évoquer dans une période un peu troublée le « plus beau métier » qui soit « si on l’exerce avec son cœur », sans compter.

Un métier de famille

La vie d’Olivier Kourilsky est nourrie par les autres, ceux qu’il a aimés et ceux qu’il a soignés. Ils tissent une toile serrée qui est l’horizon de son existence.

D’abord, ce fut la famille. Cette famille décrite comme fière et bienveillante, favorisant l’émulation entre frères et sœurs et la cohésion. Olivier Kourilsky rend ainsi un hommage appuyé à son père, Raoul Kourilsky qui avait lui-même lors de sa leçon inaugurale au Collège de France évoqué le souvenir de son père, médecin de campagne dans la plaine de Brie : « C’était encore la médecine de Balzac ». Dans ce panorama familial, Olivier Kourilsky accorde une place importante à sa mère, « assistant des hôpitaux dans les années trente, fait assez rare pour une femme à cette époque » et qui bien qu’elle décidât de travailler auprès de son mari n’était nullement effacée. Difficile de faire autrement dans un tel univers, Olivier Kourilsky, le petit dernier, qui a accompagné ses parents dans les hôpitaux dès le plus jeune âge, a depuis presque toujours su qu’il voulait être médecin. Son père, pour la forme et ne pas avoir l’air de l’influencer, lui présenta un jour toutes les carrières que son baccalauréat pouvait lui permettre d’espérer. « Je veux être médecin » répond l’adolescent. « Il s’incline, secrètement ravi de voir un autre de ses enfants se lancer dans ce métier qui est toute sa vie ».

Sans rougir de sa chance

Ainsi, Olivier Kourilsky fut un « fils de patron » (on disait aussi fils d'archevêque), une position qu’il évoque avec amusement, sans cacher les nombreux avantages qu’elle put lui procurer : une moins grande timidité face à quelques grands noms (dont Jean Hamburger) et peut-être quelques facilités, ce que refusaient d’entendre ses parents. Evoquant ses résultats à l’internat, il remarque ainsi : « J’ai dit à mes parents que je n’aurais jamais été interne du premier coup si je m’étais appelé Dupont… et que peut-être je n’aurais jamais eu le courage de me représenter. Bien sûr, ils levaient les yeux au ciel en entendant pareilles inepties de la part de leur brillant petit dernier… Mais c’est la vérité ». En dépit de cette lucidité, l’hérédité pour Olivier Kourilsky n’a jamais été un fardeau. Bien au contraire, pouvoir s’inscrire dans un tel lignage est une force qui lui permet de considérer avec fierté son parcours sans rougir de la chance qu’il a eue depuis toujours.

Après avoir fait ses classes auprès du professeur Gabriel Richet dont il décrit l’enseignement avec tendresse (tous l’appelaient Gabriel) et avoir choisi la néphrologie, cette discipline nouvelle et si riche (en raison de sa diversité et de sa complexité notamment), il a pu à son tour contribuer à l’amélioration de l’accompagnement des patients : « Je suis fier de ce que j’ai réalisé plus tard au nouvel hôpital d’Evry, qui sortait de terre : développer ex nihilo un service hospitalier avec toutes les facettes de la néphrologie moderne, et construire une équipe unie et énergique, attentive aux patients, dans une ambiance quasi familiale et plutôt gaie ».

Fuir les dogmatismes, si ce n’est celui de l’empathie

Dans ce livre qui fourmille d’anecdotes (concernant notamment des malades parfois devenus des amis), l’empathie est au centre ; le patient est au centre. Celui qui se plait à se rappeler les prénoms de ses patients, des détails de leur parcours, qui raconte comment celle qui semblait ne jamais pouvoir avoir d’enfants est désormais grand-mère, qui relate les surnoms gentillets de certains, déplore en conclusion de son livre : « Il est évident pour qui vit la situation au quotidien que ce n’est plus le malade qui est au centre du système, comme on cherche à nous le faire croire, mais l’argent ». Corollaire de cet abandon de l’importance centrale accordée aux patients, Olivier Kourilsky paraît également s’inquiéter d’un renforcement des dogmatismes. Les récits du médecin sont traversés par cette nécessité constante de les éviter. Cette position apparaît de manière éclairante à propos d’une part de l’IVG et d’autre part de la prise en charge des insuffisants rénaux. Ainsi, Olivier Kourilsky évoque à plusieurs reprises le traumatisme lié à l’accueil de jeunes femmes victimes de complications graves après des avortements clandestins. Face à de tels déchirements, celui qui venait pourtant d’une famille catholique, a toujours soutenu l’autorisation de l’IVG mais il ne peut que regretter un certain dévoiement de l’esprit de la loi Veil quand il constate aujourd’hui la possibilité de quelques dérives. Olivier Kourilsky revient également de la même manière à plusieurs reprises sur les conflits qui paraissent opposer les tenants de la greffe (à partir de donneur vivant) et de la dialyse rénale. Refusant les anathèmes souvent entendus sur le sujet, il insiste sur le fait que ces deux méthodes doivent évidemment être considérées comme complémentaires et regrettent encore une fois les dogmatismes. Ces derniers sont souvent, déplore-t-il, favorisés par les raccourcis de la presse, comme l’a notamment montré la présentation sommaire des dispositions complexes sur le recueil du consentement au don d’organes, sur lequel celui dont l’activité pendant dix ans à l’Hôpital Tenon aura eu pour cadre la réanimation et la greffe rénale revient longuement.

Joie es-tu encore là ?

Au sein de ce service « nous prenons tous les patients qu’on nous propose car, comme le fait observer Jean-Daniel Straer, "il n’y a pas de malades inintéressants, seulement des médecins inintéressés" » sourit le praticien. En dépit des cas très graves reçus et des situations dramatiques à prendre en charge, toujours le sourire et l’amitié en effet affleurent dans ces souvenirs. Cette dimension est centrale dans cette vie.

Olivier Kourilsky insiste à plusieurs reprises sur l’humeur enjouée, sur les blagues potaches (les fausses invitations destinées à piéger la direction, les tonus…) et sur la « joie », pour reprendre le mot de Gabriel Richet, qui ont traversé sa vie professionnelle. Cette joie se manifestait bruyamment lors des comités de rédaction vespéraux des premiers numéros du JIM (en 1979 !) au cours desquels des commentaires savants sur telles ou telles publications néphrologiques novatrices parues dans le Lancet (des hôpitaux civils et militaires*) ou le New England Journal of Medicine étaient ponctués de chansons de salles de garde entonnées par Olivier Kourilsky.

Celui qui a vu bien des transformations à l’hôpital, la fin de l’ère des mandarins, les réformes successives des études et qui constatent que bien d’autres sont à suivre, craint que cet état d'esprit ne disparaisse. Désormais, les tensions avec les directions (il évoque celles qui ont marqué la fin de sa carrière), les épuisements administratifs et son langage mortifère (il parle de « l’intoxication par le mot ») ont pris le pas sur une convivialité qui bénéficiait autant aux soignants qu’aux patients. « Nous travaillions avec des horaires à rallonge, sans compter nos heures, mais nous étions heureux et épanouis » remarque le praticien, qui a pourtant lui aussi dû faire face à des situations logistiques complexes (telle la saga de l’hôpital d’Evry).

Ronsard

Celui qui en refermant ce livre de souvenirs assure qu’il n’aurait jamais pu choisir un autre métier et qui reprend Ronsard comme avant lui son père pour dire que « médecine ourdit les trames de ma vie », tire pourtant de la médecine d’aujourd’hui, tiraillée par les impératifs comptables, sous le feu de médias contradictoires et ignorants et malmenée par des visions politiques à court terme, un « constat amer ».

*Jeu de mots sur la Gazette des hôpitaux civils et militaires, ou Lancette française parue entre 1828 et 1947, lancé par Olivier Kourilsky lors des comités de rédaction lorsque la prestigieuse revue londonienne était évoquée (c'est à dire chaque mois !).

Aurélie Haroche

Référence

Olivier Kourilsky, La médecine sans compter, Editions Glyphe, 250 pages, 16 euros

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  • médecin chef du service de néphrologie dialyse au centre hospitalier sud francilien de 1982 à 2009, j'écris des romans policiers médicaux (  9 parutions depuis 2005...)
  • médecin chef du service de néphrologie dialyse au centre hospitalier sud francilien de 1982 à 2009, j'écris des romans policiers médicaux ( 9 parutions depuis 2005...)

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